Mon oncle, Jacques Tati, 1958

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A l'intérieur chez les Arpel, le bruit des chaussures frappant le sol nous laisse entendre un grand vide. A chaque foi que la musique commence, nous sommes dirigés vers la sortie dans le quartier de monsieur Hulot. C'est la confrontation de deux mondes très différents.

"Son oncle c'est tout de même pas un exemple !"

Les dialogues nous mettent à distance; il y en a peu, et on les entends comme ceux qui ne nous concernent pas dans la vie de tous les jours, comme une discussion qu'on entend mais de laquelle on ne fait pas partie. Monsieur Hulot est un bonhomme maladroit, il est maladroit parce qu'il fume la pipe et qu'il porte toujours son parapluie. Madame Arpel est maniaque, sa maison c'est son usine à elle, qu'elle fait visiter à ses amies en en vantant tous les gadgets, comme monsieur Arpel avec son usine à plastique. Gérard s'ennui quand il est chez lui alors il est content de se ballader avec son oncle.

C'est une histoire de personnages, Jacques Tati fait des portraits de société, comme La Bruyère le fait avec Les caractères par exemple. J'aime beaucoup les ambiances de ce film, que ce soit celle de l'usine, celle de chez les Arpel ou bien celle du quartier de monsieur Hulot, il y a quelque chose de caricatural, simple à comprendre je trouve ce film très drôle et très touchant à la foi. En fait c'est surtout monsieur Hulot que je trouve touchant, justement parce que c'est un "bonhomme" un personnage un peu simplet qui vit sur les nuages. Mais madame Arpel est touchante elle aussi car elle ne vit pas du tout sur les nuages et en même temps complètement. Toutes ces personnes qui ne font pas exprès, j'aime bien ça, et la manière "rigolote" dont Tati nous les présente rend le problème (dans la vraie vie ces gens là sont quelques fois des problèmes) très léger, je pense notamment à la complicité entre le monsieur Arpel et son fils Gérard qui n'arrive qu'à la fin du film quand monsieur Hulot s'en va; pendant tout le film ils ne se passe rien entre eux, ce qui est un peu dramatique pour un père et un fils, et leur complicité arrive comme une fleur, sans qu'ils en fassent des tones. C'est comme ça pour tout dans le film et c'est ce qui me plait en particulier.

J'ai aussi aimé le pyjama de Madame Arpel, la voiture que son mari lui offre pour leur anniversaire de mariage, le chapeau de monsieur Hulot, le chapeau de la voisine des Arpel et sa tondeuse à gazon, et d'autres choses encore mais je doute qu'il soit interessant que je m'attarde dessus...